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HISTORIQUE DES FOUILLES 275 ayant pour but d'aller étudier en Angleterre la question de la détention préventive, je devais passer à Paris en me ren- dant à Londres. Dès mon arrivée dans la capitale, au com- mencement de mai, j'allais voir M. Rouher et lui demander s'il avait été satisfait du rapport de M. Cadot sur les fouilles de la vallée du Formans, et ce qu'en pensait l'Empereur. M. Rouher n'avait pas reçu cette pièce, il crut que je fai- sais confusion avec la Note imprimée de M. Cadot; j'insistai en précisant la date du rapport, envoyé le 25 avril; j'ajoutai que MM. Mocquard et de Franqueville avaient écrit pour faire discontinuer les travaux. Le Ministre, de plus en plus surpris, se refusait à croire ce que je lui annonçais. Il n'est pas possible, me dit-il, que M. de Franqueville ait pu écrire quelque chose de semblable à ce que vous me dites sans m'en prévenir et autrement que par mon ordre ; seul j'ai le droit de faire cesser des recherches que j'ai ordonnées et dont l'Empereur m'a parlé, il y a peu de jours encore, pour me demander si les ingénieurs ne m'avaient rien écrit à cet égard. J'affirmai de nouveau le fait et offris à M. Rouher de lui faire envoyer de Trévoux les lettres mêmes qui m'avaient été adressées par le maréchal de Castellane et par M. Thiol- lière, me transmettant : le premier, copie de la lettre de M. Mocquard; le second, copie de la lettre de M. de Fran- queville, donnant ordre de cesser les fouilles. M. Rouher me répondit que, dès le jour même, il voulait tirer au clair toute cette affaire, et me recommanda de ne pas manquer de venir dîner chez lui le lendemain. Le lendemain, je me rendis à son invitation et, pendant le repas, il m'apprit qu'après mon départ, il était allé voir successivement M. de Franqueville, M. Mocquard, enfin l'Empereur, et que tout était, désormais, éclairci et arrangé.