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220                           NÉCROLOGIE
autrefois la Société des Amis des Arts, il fit un voyage en Italie, où
 il étudia, de façon profitable, les maîtres de l'École vénitienne.
    De là, il fut à Paris, où il passa douze années, travaillant d'abord
 dans l'atelier de Picot, puis dans celui de Couture. L'influence de ce
 dernier est très apparente dans les peintures de Chatigny.
    Appelé à Lyon pour des travaux de décoration, il s'y maria et s'y
 fixa définitivement, non cependant sans un nouveau séjour de deux
 années en Italie.
    Il a fait un assez grand nombre de peintures monumentales, parmi
 lesquelles nous citerons la chapelle du Sacré-Cœur dans l'église de
l'Hôtel-Dieu. Il y a peint deux vastes panneaux. L'un d'eux représente
la communion donnée à un malade dans une des salles de l'hôpital.
Nous croyons que c'est l'œuvre la plus forte de Chatigny. A l'exemple
des maîtres vénitiens, la scène est toute d'après la réalité, et cependant,
soit par la tonalité, soit par le caractère, ce n'est point un tableau de
genre agrandi. Les figures sont de dimensions naturelles. Le prêtre qui
donne la communion est le portrait, frappant de vérité, de M. l'abbé
Flachy, alors aumônier; la vieille sœur debout et de profil est la digne
sœur Charlet, si dévouée aux malades et d'eux si aimée. L'autre
sœur est également peinte d'après nature. Le malade est le portrait de
M. le comte de Soultrait, qui posa pour la circonstance. Dans le
haut de la composition et pour l'ennoblir, le peintre a représenté une
scène céleste qui se mêle à la scène terrestre.
    Cette page, outre sa valeur artistique, aura pour l'avenir le mérite
de transmettre fidèlement une action réelle, historique, et cependant
sans trivialité. La couleur est harmonieuse et appropriée aux conditions
de la peinture monumentale.
    L'œuvre est peinte sur l'enduit même. Ce n'est point une toile
marouflée, qu'on exécute commodément à l'atelier. Pour mieux assurer
la conservation au moins de la composition dessinée, le peintre a légè-
rement creusé avec un poinçon dans l'enduit la silhouette de toutes les
figures.
    En somme, c'est une œuvre bien personnelle, de vraie valeur, qui
sort du thème ordinaire des peintures d'église.
    L'autre panneau, au-dessus de l'autel, est conçu davantage dans les
données traditionnelles. Il représente saint Jean couché sur le sein de
Jésus. La peinture, largement, mais sommairement faite, est d'une
heureuse couleur, fondue dans des tons dorés bien décoratifs.