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110 L'HISTORIEN CLITOPHON L'une de ces pièces est un aureus unique trouvé à la montée de Balmont, près de l'un des deux champs de bataille d'Albin et de Sévère, et cédé à la Bibliothèque par M. Vaganay, antiquaire (30); l'autre est le denier si connu. Un doublement de frappe ne permet pas de distinguer le bec de l'oiseau sur la pièce d'or, mais sur celle d'argent, il est suffisamment visible. Quant aux autres caractères, ils sont reconnaissables sur les deux types; l'aureus surtout, d'une gravure très finie et d'un état de conservation admi- rable, montre très nettement les pattes du corbeau. Ces caractères diffèrent sensiblement de ceux que les artistes anciens ont attribués aux aigles. Ceux-ci sont repré- sentés généralement le corps à peu près droit, posé presque de face, les ailes à demi-ouvertes avec les pointes en bas. Quand ils sont de profil et les ailes pliées (sur les enseignes militaires, elles sont toujours relevées), on les reconnaît à leur port droit, au bec crochu, à la pose de la tête qui n'est jamais détournée, mais affecte une attitude fière et menaçante, et enfin au manchon de plumes qui tombe à moitié de leurs pattes. Le corbeau est figuré de profil dans une pose rasante, le bec long, la tête tendue en avant comme dans les mon- naies consulaires de la famille ^Emilia (31) et de Marc- Antoine (32), ou bien retournée, comme dans la pièce d'Albin, les pattes'grêles et entièrement dénuées de plumes, (30) Cette pièce offre cette particularité, que la tête d'Albin est adextrée, comme disent les héraldistes, tandis que sur les autres monu- ments du même genre, elle est tournée dans l'autre sens. (31) Ernest Babelon : Les monnaies de la République romaine. Paris, Rollin et Feuardent. 1885. T. I, p. 130, 131. (]2)\lbid,} p. 162.