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j2 LliS DÉBUTS ORATOIRES pour la signature du formulaire avait été, au contraire, très vif et très remarqué, et les oratorie-ns, trop enclins aux thèses suspectes, partisans trop déclarés de l'Augustinits, avaient ressenti ses sévérités. Trois ou quatre fois leurs prédicateurs avaient été dénoncés, repris et blâmés par l'ordinaire, contraints à des rétractations formelles ou à des explications qui eu étaient l'équivalent. A Montbrison, par exemple, dès 1665, le P. Cadot avait été signalé par les chanoines de Notre-Dame-d'Espérance, qui envoyèrent à l'officialité diocésaine et à la Sorbonne quatorze propositions qu'ils jugaient hérétiques (46). Dans Lyon, quelques années après, le P. Jean Soanen, prêchant à Saint-Nizier, laissa trop apparaître vers quel côté l'inclinaient déjà des préférences qui le conduiront plus tard à la révolte ouverte contre l'Église et à la captivité dans l'abbaye de la Chaise-Dieu par lettre de cachet; le prédicateur de la paroisse voisine de Saint-Pierre était un jésuite; des deux chaires on se réfuta mutuellement, en attendant de s'accabler d'invectives et d'excommunications ; l'archevêché intervint et l'oratorien ne parvint pas sans peine ni sans médiation puissante à se disculper (47). (46) Archives nationales, M. M. 625. Annales de la maison deVOra- toire, établie rue Saint-Honorê, proche le château du Louvre, à Paris, t. I. Le rédacteur de la note prétend que les chanoines jouèrent toutes sortes de mauvais tours au prédicateur, parce qu'ils le trouvaient trop long. (47) Archives nationales, M. M. 621-622. Mémoires pour servir à l'histoire de la Congrégation. Registre des choses ordonnées au Conseil. Archives départementales du Rhône. Fonds oratorien. Cahier des visites. Le P. Jean Soanen, le futur évêque de Senez, le patriarche de la secte, résida deux ans à Lyon, dans la maison de la côte Saint-Sébas- tien, de novembre 1679 a u m o i s d'avril 1681 ; il se fit en particulier entendre à Saint-Pierre et à Saint-Nizier.