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                 MOMORUS ET ATEPOMARUS                   13

 même de Clitophon, qui nous apprend que les deux mots
constitutifs de Lugdunum appartenaient à la langue de ses
fondateurs, et ces deux mots ne sont pas grecs, mais du
petit nombre de ceux qui appartiennent incontestablement à
la langue celtique. A cette preuve s'ajoute l'autorité de la
science moderne. Le nom d'Atepomarus nous a été conservé
par des inscriptions découvertes à Paris, à Narbonne et à
Lyon. Les savants qui ont étudié ces monuments s'accor-
dent à y reconnaître un nom gaulois. Dansl'épitaphe lyon-
naise, qui se voit place deChoulans, n° i, cette appellation
est écrite : Aie pomarius pour la transformer en gentilice
romain, comme l'a fait observer M. Allmer, à qui j'em-
prunte tous ces renseignements. (Revue épigraphique du Midi
de la France, n° 33, avril 1885, pp. 97, 98.)
   Dégagé de toutes les fables nées de l'erreur de Ménes-
trier, il ne reste qu'un, seul fait certain : l'établissement
d'une ville d'origine celtique sur la colline de Fourvière, à
une époque de beaucoup antérieure à Plancus ; mais ce fait
est de la plus haute importance. Malheureusement, on n'est
fixé ni sur la date de cette fondation, ni sur la destinée de
cette ville celtique. Les écrivains lyonnais sont d'accord
cependant pour la fixer à trois siècles et demi avant notre
ère; calcul qui repose sur des données bien peu solides
comme nous allons le voir.
   Cette opinion a pour unique autorité un passage des
Parallèles de Plutarque qui, sur le témoignage d'Aristide
de Milet dans ses histoires d'Italie, raconte une singulière
aventure arrivée à un Atepomarus, roi des Gaulois, pen-
dant le siège de Rome (Parallela, xxx), ce qui corres-
pond à l'an 387 avant Jésus-Christ. Mais rien ne prouve
d'une manière indubitable l'identité du compagnon de
Momorus avec l'assiégeant du Capitole, admise trop facile-