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MOMORUS ET ATEPOMARUS 3
vocavit. Lugum enim dialeclo suâ Corvum vocani, dunum verÃ
montem, aut locum eminentem, ut refert Clitophon xui. de
Urbium œdificationibus. » {Histoire consulaire, première disser-
tation sur TOrigine de la ville de Lyon, p. 5, col. 1.)
Trente-deux ans plus tard (4), un autre savant Jésuite, le
P. de Colonia, rapportant ce môme fait, en donna une
version largement interprétée.
« C'est, dit-il, un fait des mieux autorisés qu'environ
(4) Bien avant cette époque, et du temps du P . Ménestrier, un écri-
vain qu'il faudrait citer ici s'il était Lyonnais, avait également parlé de
la légende et d'une façon plus exacte. C'est « M. Henry de Rouvière,
conseiller du Roy eu l'Hôtel de Ville de Paris et Apothicaire ordinaire
de Sa Majesté, » auteur d'un Voyage du tour de la France, imprimé
après sa mort, en 1713. Il s'exprime ainsi pp. 171 et 172 :
« Ce n'est pas une petite affaire que de démêler, parmi tant d'opi-
nions différentes sur l'étymologie du mot de Lyon, celle qui est la
véritable. Aussi ne m'y embarquerai-je que pour vous régaler d'une
étymologie tout à fait brillante; pour sa solidité, je n'en répond pas.
Cependant, elle me paraît respectable, à cause des antiques personnages
dont je la tire. C'est Clitophon, de Rhodes, Historien, qui s'est fait un
nom dans les affaires Littéraires, dit Vossius. Cet Auteur Grec, qui a
traité des Indes, n'a point dédaigné de parler de la Gaule et de la ville
de Lyon en particulier, dont il donne l'étymologie en ces termes : Un
certain Momore et son camarade Ateponuire, étant classés de leur Royaume,
se mirent en tête de bâtir une Ville, selon l'ordre de l'Oracle, sur la mon-
tagne au pié de laquelle est la rivière de Saône. Lorsqu'ils en eurent jette les
fondemens, on vit soudain paroitre des Corbeaux qui couvraient de leurs ailes
tous les arbres d'alentours. Momore qui sçavoit à fond la science des Augures,
nomma cette Ville Lyon, parce que LUCOM, en langue celtique, signifie de
CORBEAUX, et DUNUM veut dire un lieu élevé, éminent. Voilà l'étymologie
de la Ville de Lyon, s'il faut en croire Clitophon, et Plutarque, qui parle
d'après lui. Lib. de Fluvis, in Azari (lisez in Arriani periph). Si cela
n'est pas vrai, il est du moins bien imaginé, et vaut bien être employé
dans une Relation de Voyage, où il entre des pièces de moindre valeur. »