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276                    NOTES HISTORIQUES

nument abandonné. Les Lyonnais d'alors leur firent bon ac-
cueil. Les Lyonnaises, même les mieux pourvues, les trou-
vèrent « un peu avantagées ». Pour nous, ce sont d'excel-
lentes figures décoratives, s'ajustant bien avec leurs socles
et convenant à l'architecture de la fontaine, quoiqu'elles
soient de dimensions un peu trop fortes peut-être pour
l'harmonie générale. On regrette aussi que, par des raisons
d'économie, deux modèles seulement aient été demandés
au sculpteur Delaplanche. Le monument y a perdu, et nous
aussi.
   Les sirènes posées, l'administration (en attendant les
quatre statues de Degeorge) fit compléter les appareils
hydrauliques, malgré quelques timides observations de
l'architecte, pour qui (lubie singulière), une fontaine fonc-
tionnant avant d'être achevée paraissait un peu shocking.
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   Le 14 juillet 1885, jour de la Fête nationale, les eaux
jaillirent pour la première fois. Nous disons jaillir pour
nous conformer à l'usage, car si nous en croyons un con-
temporain, les jets de la fontaine étaient de vraies « pisse-
rettes à la Jacquard (33) ». Ajoutons vite, comme explica-
tion, qu'on les avait volontairement réduits au minimum
possible, la Compagnie des eaux, à cette époque, étant
obligée, pour ménager sa provision, de faire boire à ses
employés de l'eau de Saint-Galmier et de Couzan.
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  Ceci fait, la fontaine parut terminée. Le bruit qui s'était

   (33) Ces gens du xxe siècle nous prêtent des façons de parler bien
triviales. [Note de la Rédaction.)