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                DE L'ÉTYMOLOGIE DE LUGDUNUM                          163

Auguste et à Maïa-Augusta avec deux statues de ces divi-
nités et une image de Tibère. On voit par là que Mercure
ne venait qu'en tiers dans cette manifestation religieuse ;
et encore faut-il remarquer qu'il s'agissait non d'un culte
public, témoignage de la vénération d'une ville, mais sim-
plement d'un acte de dévotion émanant d'un simple parti-
culier, et provoqué par une cause tout intime, toute per-
sonnelle, l'accomplissement d'un vœu.
   Les exemples de faits identiques motivant un acte sem-
blable sont nombreux chez nous. Nous possédons ainsi
(Musée lapidaire, n° 23 8), un monument votif en l'hon-
neur de Mars-Auguste; un second (n° 481), aux divinités
Auguste et à Apollon ; un troisième au dieu Sylvain-Au-
guste (n° 605), sans compter les inscriptions relatives à
Diane-Auguste, à Vesta-Auguste et à Vulcain-Auguste
(n os 420 et 95). Le monument votif à Mercure et à Maïa ne
prouve donc rien en faveur de l'hypothèse de M. d'Arbois
de Jubainville (2). Lyon celtique a pu être dédié à Mercure

MM. Montfalcon, Duruy et Commarmond. Une simple chapelle eut été
désignée, d'ailleurs, sous le vocable d'adicula ou sous celui de sacellum.
Cette distinction est nettement indiquée dans le passage suivant de
Tite-Live : JEdiculam Victoria. Virginis propè adem Victoria M. Porcins
Cato dedicavit (XXXV'. 9). Voyez aussi : Musée lapidaire, n» 605. (Note
de la Rédaction.)
   (2) Les conséquences, qu'on est en droit de tirer de l'Association du
culte d'Auguste avec celui de Mercure, ne sauraient être écartées,
parce que d'autres dieux du Panthéon romain ont pu partager les
honneurs rendus à ce prince, déifié après sa mort. D'abord, en ce qui
concerne Maïa, cette déesse étant la mère de Mercure, il était naturel
qu'elle eut les mêmes autels que son fils. Quant aux autres divinités,
elles n'en demeuraient pas moins, en Gaule, à un rang inférieur à Mer-
cure, sous la domination romaine, comme au temps de l'indépendance
 gauloise. Ce fait avait déjà appelé l'attention de nos anciens historiens.
 On peut consulter notamment, sur ce point, un curieux chapitre des