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LA RUE DES ARCHERS ET LES JUSSIEU
Comme il n'y a rien à négliger dans les recherches d'his-
toire locale et que les moindres indications doivent être
recueillies avec le même soin que les documents les plus
graves, je dois communiquer à la Revue deux notes au
sujet de l'étude de M. Paul Saint-Olive sur la Rue des
Archers et des détails fournis par M. Morel de Voleine,
sur la célèbre famille de Jussieu. Je le fais avec d'autant
plus d'empressement que ces notes, en raison même de
leur brièveté, pourraient se perdre et échapper, pour
longtemps encore, à la connaissance de nos érudits.
Le nom de la Cour des Archers, contrairement à l'opi-
nion qu'en ont eue nos écrivains, ne remonte pasplus haut
que le dernier siècle et ne vient pas des anciens employés
de la police lyonnaise, mais simplement des cavaliers de
la Maréchaussée, la gendarmerie actuelle. En 1716, les
religieux dominicains, Ã qui appartenait ce terrain, y
ayant fait bâtir une écurie, la louèrent à la Maréchaussée
qui l'occupa pendant tout le xvme siècle, du moins pour
les chevaux, car le casernement des cavaliers était, dans
la seconde moitié de ce siècle, situé rue Tramassac, au
Petit Versailles. Telle est l'origine bien vulgaire et bien
récente de cette dénomination. Il y a une soixantaine
d'années, on voyait encore au-dessus de la porte cochère
qui donnait accès à ce passage, deux figures de cavaliers,
de la Maréchaussée, naïvement peintes sur le mur et
qui ont disparu sous plusieurs couches de badigeon.
M. Morel de Voleine a mentionné très-exactement les
armes peintes sur le contrat de mariage de Jean de
Jussieu, en 1610; mais je dois ajouter que l'épouse avait