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488 ÉTUDES ^TYMOLOeiQUES
autres langues romanes. Il adopte, mais avec réserve, l'éty-
mologie de Ducange qui la tire d'une exclamation de peine,
de fatigue, han!...
D'après Ducange, Lambert-Gentot met à la suite du verbe
ahaner : « avoir bien de la peine en faisant quelque chose.
De l'espèce de cri répété par les ouvriers occupés à faire
quelque chose de pénible ! »
Bescherelle, Littré et d'autres linguistes font de han, ahan,
un substantif masculin, une onomatopée représentant le cri
sourd et guttural d'un homme qui frappe un coup avec
effort.
Tout le monde, en effet, a pu remarquer ce cri saccadé
sorti de la respiration pressée d'un fendeur de bois, d'un
bûcheron, d'un paveur, d'un boulanger, d'un forgeron, d'un
travailleur quelconque. Ce cri ne peut se rendre que par
l'exclamation han ! ce qui constitue une véritable onomatopée.
On range ce mot dans la catégorie des mots imitatifs. Quoi
de plus naturel alors de penser que le premier travailleur qui
poussa des han! fit le verbe ahaner et le substantif ahaneur.
Il nous paraît ressortir des lignes précédentes qu'affaneurs,
sujet de cette étude, ne saurait avoir d'autre origine que
cette expression han ! générateur d'une foule de dérivés, les-
quels rappellent invariablement à l'esprit l'idée de labeur,
soit au propre, soit au figuré. •
Nous ferons remarquer que jusqu'à la fin du siècle dernier
et même jusqu'au commencement de celui-ci, le terme de han
était encore en usage dans le parler usuel, dans la conversa-
tion familière.
Dans un de ses romans quelque peu licencieux et impie,
et qui par cette raison fit les délices de nos grands pères,
Pigault-Lebrun a ramassé ce han pour en .faire le sujet d'un
épisode de cet ouvrage. Il raconte qu'on avait précieusement
recueilli dans une fiole tous les hans que saint Joseph pous-
sait en travaillant à son métier de charpentier. Cette fiole,
déposée plus tard dans un sanctuaire, était devenue, dit le