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LES BEAUX-ARTS A LYON. 443 à le découper ; le serrurier repoussait et ciselait le fer de même que l'orfèvre repoussait et ciselait l'or et l'argent. L'élégance et l'habileté d'exécution étaient réunies à la verve de l'imagination et à la fécondité d'invention. Pendant longtemps, Lyon et le Lyonnais ont été une mine pour les antiquaires : la grande quantité de meubles sculptés qu'on en a exportés pour les collections laisse sup- poser que les huchiers lyonnais en concurrence avec les Bourguignons et les Bugésiens produisaient beaucoup de stalles, dressoirs, bahuts, panneaux, etc. Les recherches de M. Martin ont donné une authenticité précieuse à certai- nes pièces de menuiserie lyonnaise (1), et font regretter qu'il n'ait pas eu des devanciers pareillement préoccupés de disputer au temps, qui n'épargne rien, les productions des beaux-arts. Il faut citer d'abord la belle porte en bois pla- cée autrefois rue Neuve et aujourd'hui au.musée artistique du palais Saint-Pierre (2) : cette porte remplissait toute la baie du portail, disposition assez rare. Les différents pan- neaux et les pieds-droits sont ornés avec beaucoup de goût. La décoration de l'imposte et des encadrements du milieu de la porte mobile imite l'appareil d'une construction en pierre (3). M. Martin a dessiné plusieurs portes de style renais- (1) Faut-il regarder comme une œuvre du 16° siècle la menuiserie du chœur et du sanctuaire que signale Clapasson dans l'église des Cé- lestins, Description de Lyon, p. 34? (2) C'est à l'initiative et aux soins de M. Martin-Daussigny que Lyon est redevable de ce remarquable musée. La restauration de la porte dont parle M. Martin, Recherches sur Varchitecture, etc., p. 20, a été admirablement exécutée sous la direction de notre savant con- servateur. (3) Voir la porte de la maison rue du Bœuf, 16, et celle de la mai- son sise place Saint-Jean.