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254 LES BERGES DE LA SAONE.
Le flot, en battant la rive, produit sur certains points des
escarpements souvent fort-élevés, qui sont autant de bonnes
coupes naturelles, très-favorables à l'étude du terrain d'allu-
vion. Si l'on suit, par les eaux basses, ces berges verticales,
on remarque ça et la des débris de toute nature qui apparais-
sent dans la tranche du terrain, à différents, niveaux et parti-
culièrement des stations humaines, caractérisées par des
traces de foyers, des fragments de poteries, des os. des silex
taillés, etc.
Je me suis demandé s'il n'était pas possible de faire un clas-
sement méthodique de ces stations et d'établir entre elles
des relations chronologiques, basées sur leur niveau dans le
lehm d'alluvion. On comprend de quelle importance serait un
pareil résultat, puisqu'il nous fournirait des termes de com-
paraison très-concluants pour déterminer l'âge des stations
des hauts plateaux où il n'y a pas eu enfouissement et où,
par conséquent, les objets de tous les temps sont mêlés,
juxtaposés et non superposés.
Pour être en droit de considérer comme un élément sûr de
critique les niveaux des diverses stations de la Saône, il fau-
drait établir les deux propositions suivantes :
1° La loi d'accroissement des dépôts d'alluvion est cons-
tante et uniforme ; ce qui, loin d'être vrai d'une année a l'au-
tre, par exemple, peut être admis pour un long espace de
temps. Si en effet, l'on considère que toute la masse du limon
jaune moderne est parfaitement homogène et compacte, on
est forcément conduit à en conclure que le régime des eaux
qui l'ont produite n'a pas varié. Par conséquent, l'apport
moyen dans le même laps de temps est demeuré le même,
les mêmes causes engendrant les mêmes effets. C'est a peine
si cet apport a dû augmenter un peu dans les derniers temps,
par suite du déboisement et de la culture. D'ailleurs les con-
ditions climatologiques, qui seules auraient pu influer éner-