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                      LE CHATEAU DU PERRON.                375
  fiance réciproque qui fut rarement trompée, marchaient
  ainsi devant elles, offrant leurs services à qui voulait les
  employer et enrichissant de leurs précieux chefs-d'œuvre
  les habitations particulières des hommes éclairés qui les
  retenaient. C'est à cette organisation fraternelle ayant
  pour base le respect accordé au mérite personnel et non
  l'orgueil aveugle, la faveur, la force brutale et le caprice,
  que nous devons une grande partie de ces merveilleux
  édifices du XVIe siècle et des années qui le suivirent.
     Toute la France, à cette époque, se modelait sur la
  Cour, et la Cour elle-même n'avait d'autres goûts que
  ceux du roi.
     François I er , duquel on peut dire, mieux que de tout
 autre souverain, que « le goût pour les beaux-arts est le
  « sceau distinctif que la nature a imprimé aux gran-
 « des âmes (1) » , rendait alors de grands honneurs aux
 artistes et répétait souvent qu'il ne mettait point de dif-
 férence entre le génie et la plus haute naissance (2) ; et
 les arts reconnaissants firent du XVIe siècle le siècle de
 François I er , comme dans l'antiquité ils avaient fait, du
règne d'un grand empereur romain, le siècle d'Auguste.
     Outre la cheminée dont je viens de parler, on trouve
 au château du Perron quelques autres parties de cons-
truction appartenant à la renaissance des arts, dont la
composition est vraiment très-remarquable.
    J'ai déjà cité le charmant portique établi sur la cour
d'honneur. On voudra bien m'excuser s i , à son sujet,
j'entre ici dans quelques détails ; ces détails appartien-
nent à l'histoire du plus grand architecte de cette époque.
    Emu par les descriptions qu'il entendait faire chaque

  (1) Tableau de l'histoire moderne, t. II, p. 157.
  (2) Tableau de l'histoire moderne, t. II, p. 157.