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372                  LE CHàTEAJU DU PERRON.

    « Les femmes de Lyon au XVIe siècle, disent les his-
 « toriens, n'étaient pas moins remarquables par la soli-
 « dite de leur mérite que par les grâces de leurs person-
 « nés. On ne renfermait point leur éducation dans quel-
 « ques connaissances superficielles et dans la culture de
 « quelques arts d'agrément. Beaucoup savaient le latin,
 « beaucoup lisaient les grands écrivains de l'antiquité et
 « mordaient bien à cette forte nourriture. »
    Présentée à Catherine de Médicis, lors de son voyage
 à Lyon en 1536, cette princesse la retint à la cour et
 la gardant toujours auprès d'elle, en fit sa confidente la
 plus intime.
    Nommée gouvernante des Enfants de France, elle pou-
 vait prétendre ainsi à l'honneur insigne d'avoir contribué
 à former le cœur d'Isabeau de France qui, devenue reine
 d'Espagne par son mariage avec Philippe II, fut tant
 aimée par les Espagnols que, dit Brantôme, « bien heu-
  « reux ou heureuse étoit celui ou celle qui pouvoit dire
 « le soir : E visto la, reina, J'ai vu la reyne
  « On dit, et j'ai vu, que jamais reyne ne fut tant aimée
 « en Espagne. Aussi l'appeloit-on la reyne Isabella de la
 « paz et de bondad (1). »
    Antoine de Gondy eut, de son mariage avec Marie-
 Catherine de Pierrevive, une fille qui, par une faveur
 unique, reçut, avant d'être mariée, le titre de dame
 d'honneur de la reine Isabelle et de Claude de France,
 duchesse de Lorraine, « qui fut belle, vertueuse, bonne et
 « douce princesse (2). »
   J'ai dit que le banquier de Gondy avait fait recons-
truire le château du Perron tel que nous le voyons au-
jourd'hui, ou du moins tel qu'il était encore il y a quel-
  (1) Brantôme, t. iv et t. vin de ses Mémoires.
  (2) Brantôme, t. iv et t. vin de ses Mémoires.