page suivante »
308 B11JUOGRAPH1E. « ment l'honorable épifaphc gravée à l'avance sur la pierre; « et je suis sûr que le petit chiffon blanc que j'aperçois au- « près est le discours à 'excat, autrement appelé oraison « funèbre! » On aura remarqué : « ce joli cercueil en bois dur, orne « de clous dorés qui brillent au soleil. » Mais pouvons-nous nous plaindre du réalisme à e ces peintures, réalisme suffi- samment tempéré d'ailleurs, lorsque de cette observation appliquée et minutieuse doivent sortir quelques descriptions comme j'en rencontre presque à chaque journée ; je m'ar- rête à « Mademoiselle Clara dans l'exercice de ses fonc- « lions. » « Aujourd'hui, parexemple,ellea vendangé tout le jour, pour « aider les domestiques de son père. Elle avait une méchante « petite veste de drap gris, un foulard jaune autour du cou, la « tête nue et les cheveux un peu défaits ; sa robe d'indienne « était toute souillée de terre, et en quittant la vigne, elle a « dû laver le bas de sa jupe au ruisseau ; enfin ses mains et « ses joues étaient barbouillées de suc de raisin ; et comme « elle était lasse quand la vendange fut finie ! Mais aussi « elle était fière d'avoir tant travaillé ; ses joues et ses yeux « étaient brillants d'animation, et ses cheveux, qui sont châ- « tains, paraissaient presque blcnds, comme si le soleil les « avait dorés dans cette seule journée. Ah ! la jolie, la belle « vendangeuse! » Il y a un instant cependant où l'observation de notre spec- tateur est en défaut, ses souvenirs de Werther le troublent, son parti pris de contraste le fait décidément marcher sur la mauvaise roule ; j'avais raison de m'inquiéler à la première manifestation de celle tendance. Il s'agit du dénoûmenl. N'avoir aucune espèce de dénoûmenl, voila, à coup sûr, le caractère d'un tel livre. Comment, M. Georg Temple, vous êtes de force à nous conduire à votre suile dans une auberge