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284 J. TEIUSAS ET C°. élevé, d'abord, n'en déplaise aux niais de la libre pensée. Mais, autre avantage bien précieux, le sujet qui a su leur inspirer de l'attachement ou de l'intérêt, chose facile quand on est marquis, et dont ils ont su de leur côté se faire adorer, celui-là , une fois sorti de leurs mains, peut compter à jamais sur leur salutaire influence. 11 est sûr de la retrouver, grâce à l'ubiquité de cette admirable institution, en quelque lieu du monde qu'il s'en aille chercher fortune. Cette discrète et puissante protection s'entremettra au besoin, dans l'ombre et le mystère, pour trouver un bon nid au noble passereau battu par l'orage. Grands redoreurs de blasons, les bons Pères ont des intelligences dans tous les Sacrés-Cœurs, et plus de flair que les plus lucides somnambules pour dénicher les vrais trésors. Mmela marquise de Chalendrèse avait pris depuis longtemps l'habitude de voir par leurs yeux : elle s'en trouva bien. C'est ainsi qu'un beau jour elle fut amenée à sonder les profondeurs de la caisse Terras et Cie. Elle fut éblouie des splendeurs mystérieuses contenues dans ses flancs : il y avait là de quoi redorer le marquisat le plus dé- labré. Il ne s'agissait que d'arriver à la caisse ; en passant par la nièce, le moyen était simpla : était-il facile? Des deux dragons qui gardaient le trésor, l'un n'était pas méchant et il aimait le sucre. Quelques gâteaux de miel à ce bon M. Terras, et voilà déjà une gueule enfarinée qui ne vous mordra pas, au contraire. La marquise ne s'entendait point mal à pétrir ce genre de friandises dont elle bourrait le bonhomme. Quant à la nièce elle-même , on la mettait aussi à ce régime, avec un surcroît de mamours et de con- fitures appropriées à la jeunesse et au sexe du sujet. De ce côté tout allait pour le mieux : Gaston —• sur trois marquis deux s'appellent ainsi — Gaston avait des chances et même du succès auprès de l'oncle et de la nièce. Mais,la tante !... elle était sobre celle-là ; on ne l'appâtait point facilement :