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                     DU CULTE DE SAINT JEAN.                    193

   Les peuples de l'antiquité, qui avaient fondé leurs diverses
religions sur l'observation des phénomènes de la nature, et dont
les principales divinités étaient des personnifications du soleil,
célébraient de grandes fêtes aux moments les plus considérables
du cours de cet astre, notamment à l'époque du solstice d'hiver
et à celle de l'été. La fête du solstice d'hiver, au 25 décembre,
s'appelait, chez les Romains, dies natalis solis invicti. On
célébrait alors la naissance de Mithra, dieu-soleil de la Perse,
dont le culte, répandu dans tout l'Orient, s'était introduit à Rome
a l'issue de la fameuse guerre des pirates. Le 11 du mois de
tybi, c'est-à-dire lé 6 janvier, l'Egypte célébrait la réapparition
ou la renaissance d'un autre dieu-soleil Osiris.
   Le solstice d'été, à son tour , était marqué par d'autres
solennités non moins importantes. Ainsi cette même Egypte
fêtait le dieu Horus, vengeant son père Osiris par sa victoire
surThiphon, c'est-à-dire le soleil solsîicial ramenant l'inonda-
tion périodique du Nil et faisant succéder la fertilité de la terre
à la stérilité causée par une extrême sécheresse. Ainsi encore
les Phéniciens et les Syriens célébraient les Adonies , fête de
leur dieu-soleil Adonis, dont le mythe a tant de rapport avec
celui d'Osiris. Enfin, pour donner un dernier exemple, les
Romains avaient, au mois de juin, la fête de Vesta, personnifi-
cation de la force inextinguible du feu caché au centre de la
terre et du ciel.
   Aussi longtemps que les chrétiens furent en butte aux persé-
cutions, ils détestaient toutes les cérémonies et toutes les habi-
tudes païennes; mais lorsque leur religion se fut assise sur le
trône des Césars, ils comprirent que pour conserver et étendre
plus facilement son empire, il fallait, au lieu de proscrire les
observances du culte païen, s'approprier et sanctifier celles qui
ne pouvaient porter aucune atteinte aux dogmes et aux tradi-
tions de l'Eglise. Us ne connaissaient point les époques précises
des faits évangéliques, si ce n'étaient celles de la mort et d e l à
résurrection du Sauveur ; ils imaginèrent donc de fixer la nais-
sance de celui qui était le soleil spirituel du monde, le soleil de
justice, aux époques mêmes où les gentils fêtaient la naissance
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