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186                  DU CULTE Pfi SAINT JEAN.

la Syrie, de l'Arabie "et de la Chaldée. Il y respire d'un bout à
l'autre une'haine profonde contre les chrétiens et les juifs. Le
Christ y est représenté comme un démon trompeur, venu sur la
terre pour égarer l'humanité par des prestiges et pervertir la
vraie foi! Mahomet n'est, du reste, pas mieux traité. C'est un
brigand arabe et le dernier des faux prophètes qui ont apparu
pour opprimer les peuples. Mais tous les éloges, tous les res-
pects sont dus à Jean-Baptiste (Juliana Jahia), qui a fondé la
secte nazaréenne par le sacrement du baptême, _qui a prêché
sa doctrine pendant quarante-deux ans sur les bords du Jour-
dain, et qui, enfin, est monté au ciel après une sorte de transfi-
guration. Les Mandaïtes célèbrent en l'honneur de saint Jean,
au mois d'avril ou au mois d'août, une fête annuelle de trois
jours; ils ont, en outre, au mois de juin, une grande fête bap-
tismale appelée haïd Pegnia, ou fête de cinq jours. La commu-
nauté s'achemine alors vers les fleuves, et chaque Mandaïte doit
laver les crimes qu'il a commis, au moyen d'un nouveau bap-
 tême. Selon les idées de la secte, le baptême ne peut avoir lied
que par immersion dans un fleuve, saint Jean ayant montré
par son exemple que le Jourdain et les autres fleuves renfer-
 ment l'eau vraiment purifiante et baptismale.
   Une foule de traditions populaires ont amplifié la légende
évangélique de saint Jean, et spécialement l'histoire de son sup-
plice.
   Ainsi saint Jérôme racontait qu'Hérodiade, tenant le chef
 du Précurseur, avait, par une dernière et atroce insulte, percé
 avec une aiguille cette langue qui l'avait accusée. Suivant Nicé-
phore, auteur d'une histoire ecclésiastique, Salamé la danseuse
 avait eu la fin la plus tragique. Marchant un jour sur la glace,
 qui se rompit sous ses pieds, elle s'enfonça dans l'eau jusqu'au
 cou, et la glace venant à se rejoindre lui détacha la tête du reste
 du corps. En Allemagne, alors qu'au moyen-âge les souvenirs
 du paganisme germanique étaient encore pleins de force, et que
 les anciens dieux, transformés en démons, recevaient encore un
 culte de terreur, les croyances populaires plaçaient Hérodiade
 (c'est-à-dire Salamé, désignée par le nom de sa mère), au nom-