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                 DE LA VALLÉE DE LA SAUNE,                 167

parfois avec soin et avec une intention manifeste de les em-
magasiner la.


  III. — Les stations que nous avons pu déterminer sont
nombreuses et ce n'est point ici le lieu de les étudier en
détail; restons dans des généralités.
   La partie du Maçonnais, riche en silex et qui a dû fournir
de cette précieuse matière tous les pays circonvoisins, y
compris peut-être même la Suisse, forme une bande large
de deux ou trois lieues a peine et qui s'étend le long de la
Saône entre Mâcon et Tournus. La configuration du sol
jointe à sa richesse minéralogique était extraordinairement
favorable a l'établissement, en Maçonnais, de tribus de guer-
riers ou de chasseurs. La plaine d'alluvions qui borde la
Saône devait abonder en gibier de toute sorte. D'autre part,
les hauts plateaux jurassiques découpés en escarpements a
pic et en promontoires escarpés qui s'avancent comme des
proues de navires au-dessus des petites vallées transver-
sales, étaient extrêmement favorables a l'établissement de
camps retranchés. En effet, tous les sommets de la côte ju-
rassique sont littéralement semés de siiex taillés, qui témoi-
gnent d'un long séjour dans ces lieux des populations de
l'âge de pierre. Il n'est pas un des promontoires dont nous
parlions plus haut qui n'ait été occupé militairement et dé-
fendu dans sa partie accessible opposée à l'escarpement, par
des fossés et des talus. La plupart de ces travaux, dont les
traces sont encore fort apparentes, peuvent être attribués à
l'âge de pierre. Mais il faut ajouter que les lieux forts ayant
été les mêmes pour tous les hommes, des flots de généra-
tions humaines y ont passé, et qu'il n'est pas rare d'y trouver
pêle-mêle des débris de tous les temps et de tous les peu-
ples. A la tribu primitive avait succédé la citadelle gauloise,