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PEINTURES MURALES. 129
On y lit en langage vivant et coloré le drame infini de la
réparation de l'Humanité. Là , il ne (manque aucune des
personnes intéressées : ni le Dieu offensé qui reçoit la
satisfaction que réclame la justice, ni le Saint-Esprit qui
inspire cette œuvre d'amour, ni^les premiers coupables
Adam et Eve, en attitude de pénitents, et cependant pou-
vant dire de leur péché : Heureuse faute !
Le prêtre dont l'offrande prophétisait le sacrifice nou-
veau, Melehisédech, présente le pain et le vin.
L'innocent Abel figure JÉSUS, dont le sang'parle mieux
que le sien (1).
La réalité vérifie les promesses, les décrets divins s'ac-
complissent; le temps déroule le plan de l'éternité.
Au milieu, debout entre ciel et terre sur son autel
sanglant, est la grande Victime, qui, de ce trône d'amour,
attire tout à elle. Marie est à ses pieds, élevants ses bras
suppliants vers la Croix, et remplissant son office de Mère
des hommes ; elle offre son Fils à Dieu et lui demande le
salut de ceux qui viennent de lui être donnés pour enfants.
Près d'elle est Madeleine, la première à pleurer, comme
elle sera la première à se réjouir, puis saint Jean, le dis-
ciple fidèle qui vient recueillir le Testament du Fils de Dieu.
II y a encore une de ces saintes femmes qui ontjbravé
les bourreaux pour compatir aux douleurs de Jésus.
La compassion de la femme chrétienne, on la rencontre
sur tous les calvaires ; elle prend sa part de toutes les
souffrances, elle voudrait en alléger le poids à toutes les
victimes.
En face de Melehisédech, Jean-Baptiste, le héraut de la
bonne nouvelle, montre Jésus : « C'est|lui, c'estMl'Agneau
de Dieu ; voilà Celui qui ôte^le péchéMu monde (2). »
!l) Et sanguinis aspersionem melius, loquentem quam Abel. Ep.
S. Pauli Hebr., ch. xn, 24.
(2) Ecce Agnus Dei, ecce qui tollit peccatum mundi. S. Jean, ch. i,
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