page suivante »
RECHERCHES SUR JEAN GROMER. 117
telles que la curieuse et instructive correspondance de Jean
Grolier avec le maréchal de Montmorency, son supérieur
immédiat, et l'élu Bertereau, secrétaire de ce haut fonction-
naire. On y voit le grand-maître et le trésorier en déshabillé :
celui-ci, confiant a Grolier le soin des embellissements de
Chantilly et la surveillance des médecins de Madame de
Montmorency, gravement malade, celui-là rendant un compte
aussi minutieux des bâtisses, des tapisseries, de la vaisselle
du maréchal, que des devoirs de sa charge de trésorier, ici
se justifiant énergiquement des accusations dont il est l'ob-
jet, là choisissant des melons au mois d'août pour la bouche
de Monseigneur, plus loin cherchant « de bons vins de
Beaune, » et en trouvant « qui coustent bon aussy, » le tout
entremêlé des payements faits ou à faire aux gens de guerre
et de plaintes sur les déprédations qu'ils commettent. (Let-
tres de Montmorency, tirées des archives de la maison de
Condé, appartenant a Mgr. le duc d'Aumale, Pièces justifica-
tives des Recherches, titre \.)
Nous passons aussi sous silence le rôle important que
joua Grolier dans la refonte des monnaies sous Henri II,
en 1559, et nombre d'autres pages intéressantes (les Recher-
ches; nous renvoyons à ce livre tous ceux qui sont curieux
des études historiques où l'érudition, la science et le talent
littéraire se réunissent pour le plaisir et l'instruction du lec-
teur. Il nous est difficile, eependant, de ne pas donner une
mention particulière au bel aspect de cette publication. Le
livre porte, a son début, une dédicace qui oblige pour la
forme, aussi bien que pour le fond : « À tous les bibliophiles
français, leur dévoué confrère.» A la fin, l'imprimeur Jouaust
a timbré le dernier feuillet d'une ancre,liéede ladevise : Oc-
cupa portum. Ce souvenir des Aide oblige aussi. Ni l'auteur,
ni l'imprimeur, n'ont failli a leurs engagements. Nous avons
montré comment le savant secrétaire de la Société des bi-