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84 POÉSIE.
Valeureux lieutenant, à mourir condamné ;
La flamme qui brûla votre mâle poitrine,
Un instant empruntée à sa sphère divine,
A repris son cours fortuné.
Quand le soleil répand, comme pour une fête,
L'or des rayons sacrés qui couronnent sa tête,
Le vil limon s'emplit de ses traits radieux ;
Mais quand l'astre se couche il reprend sa parure,
Et ses rayons épars, avec la nuit obscure,
Meurent pour retourner aux cieux.
Mortels, tout ici-bas, des sombres destinées
Sent le poids meurtrier peser sur ses journées ;
Tout souffre, tout gémit : homme, insecte, arbre ou fleur;
Apprenons de nos maux à plaindre le malheur !
Les maux sont nos seuls biens, les plaisirs nos fantômes ;
Les choses ont des pleurs qui font pleurer les hommes.
E. P . - D . G!
18 mai 1867.