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38 RECHERCHES SUR JEAN GROLIER.
les réponses du conseil. « Somme toute, ajoute-t-il, les res-
ponses ne contiennent qu'une vraie mocquerie, qui monstre
clerement que les Estats n'ont esté assemblés que pour tirer
argent du peuple et non pour réformer les abus. » Grave
imputation de la part d'un trésorier de France, malheureu-
sement trop longtemps justifiée par les faits.
Plusieurs d'entre les pièces de cette correspondance sont
d'un véritable intérêt pour l'histoire de la magistrature con-
sulaire à Lyon, comme on a pu en juger par cette brève ana-
lyse ; nombre de faits relatifs a l'histoire locale sont éclairés
par ces lettres d'une lumière inattendue (1). Nous voudrions
en citer davantage, mais l'espace nous fait défaut, et nous ne
• pouvons que renvoyer ceux que de plus nombreuses cita-
tions pourraient intéresser aux Recherches sur Jean Grolier.
Toutefois, avant de quitter le chapitre des rapports de
Grolier avec sa ville natale, il est juste de rappeler les illus-
trations de la branche de sa famille qui resta fidèle au sol
lyonnais. « Il y a peu de généalogies en cette ville, dit l'abbé
Pernetti, où l'on trouve des alliances plus honorables : on y
voit desévêques, des cardinaux, des maréchaux de France,
des chanceliers, des ducs..., des ministres, des ambassa-
deurs, des chevaliers de Malte Leurs armes se voient
dans une chapelle de l'église St-Paul, où est la sépulture de
leur famille. On les voit encore aux églises de St-Irénée, de
St-Georges, des Jacobins et de l'Observance. Elles sont sur
une maison de la rue Saint-Jean, qui était leur maison pater-
nelle. » Antoine Grolier, seigneur de Servières, et son
frère Imbert, seigneur du Soleil, ont laissé dans nos
annales une trace qui n'est pas sans éclat. Tous deux capi-
taines de Henri IV, l'aîné, ambassadeur en Suisse et a Turin,
maître d'hôtel du roi, trésorier de France en la généralité de
(1) Voyez, par ex. les lettres I et XIX.