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218                JACQUES DE VINTIMILLE.


      Il n'est sanctifié par une agraphe d'or ;
      Ses vêtements ne sont de pourpre somptueuse,
      N'encor moins enrichis de pierre précieuse ;
      Mais il est d'un habit tout simple et propre orné.

   Elle le montre debout, au milieu des partis contraires,
et comme sur les ruines de la patrie :
      Il résiste, puissant contre la grand' tempeste.

   Vintimille s'applaudit alors de n'être point lui-même
au timon des affaires : et quel homme sage eût voulu d'un
tel honneur au prix d'une telle responsabilité !

                        J'envoye aux dieux supresmes
Et prières et vœus : les suppliant qu'ainsi
Ne me veuillent jamis charger de tel souci ;
Mais qu'aux heures d'esbat, sans plus, veuillent permettre
Aux muses de chanter, plaisans jeux entre-mettre,
Et avec les amis venir perdre les nuicts,
L'esprit par ris et vin tout deschargé d'ennuis.

   Souhait de poète, mais qui dénotait chez un homme
habitué comme Vintimille à la vie active, plus de lassi-
tude et de découragement que d'indifférence !
   Telle est à peu près l'économie de ce petit poème, dont
les exemplaires sont devenus fort rares. Voulant en dé-
tacher quelques morceaux, nous avons dû, pour la com-
modité du lecteur, préférer au texte latin, qui a plus de
grâce, la version française de Trédéhan.
   Cependant le zèle intempestif des parlements portait
ses fruits : la guerre civile exerçait partout ses ravages.
Les progrès du parti calviniste, qui venait de s'allier
avec les Anglais, forcèrent le conseil de la régence à
publier, le 19 mars 1563, un nouvel édit, qui fut appelé