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                        JACQUES DE VINTIMILLE.                           448

plit longtemps les fonctions de grand-vicomte près l'Or-
dre de Malte ; puis revint au Cunio, dans la maison pa-
ternelle , et épousa Thomasine de Galioni, issue d'une
noble famille génoise. Il en eut deux fils. Alexandre,
l'aîné, se fit prêtre ; le second , Prosper, vint en France,
s'attacha à la fortune des princes de Lorraine, et épousa
madame Claude de Cornillon ; mais cette dame , qui ap-
partenait à l'une des premières maisons de Savoie, ne lui
donna point de postérité.
   Vintimille se trouvant donc privé de ses appuis natu-
rels, profita du crédit dont jouissait auprès de François I er
et de sa sœur Marguerite le prieur de Montrottier, pour
se faire présenter à la cour , où il fit bientôt d'illustres
et utiles connaissances. Sa position toutefois y demeura
quelque temps incertaine , « non par faute de courage,
« mais, comme il le dit, par défaut de moyens. » Il ne
trouva d'abord à la cour qu'un seul emploi de ses ta-
lents : ce fut de faire « des devises et pourtraicts de ta-
« bleaux, tapisseries, verrières et ornements de maisons
« et jardins de rois et princes, avec des inventions belles
« et rares, pour satisfaire^ leurs desseins (1). » Il s'ap-
pliquait d'ailleurs à ne voir que la meilleure compagnie,
fuyant avec un soin extrême le commerce des parvenus
et des courtisans. Quant aux hommes d'une naissance
distinguée ou d'un mérite solide, il recherchait avidement
leur entretien, et s'oubliait souvent à disserter avec eux
sur la politique et sur la guerre.
   François I er , qui aimait et favorisait les gens de let-
tres , distingua bientôt Vintimille ; et, pour utiliser la
connaissance naturelle que ce jeune homme avait de la
langue grecque , il lui commanda de traduire en français

  (1) Discours des hommes illustres de la race de* comtes de Vintimille,, etc.