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48                   LA MAISON DE RETRAITES

et la seconde aux sœurs de la congrégation de Saint-
Joseph.
   A propos des maquerelles et des coureuses, que l'on
emprisonnait aux recluses, je ferai les réflexions sui-
vantes : Dans notre siècle de progrès, nous avons aussi
des coureuses ; mais au lieu de courir à pied, elles dévo-
rent l'espace au moyen de paniers découverts, qu'elles
conduisent elles-mêmes, escortées d'un superbe laquais,
chargé probablement de les défendre. Aujourd'hui tout
est beau, même le scandale, et je ne sais pas si la police
oserait arrêter ces magnifiques coureuses, qui proclament
insolemment la prééminence de l'impudeur sur la mo-
destie. Combien nous sommes supérieurs à la misérable
époque où vivait la grisette, que l'on séduisait avec une
simple cruche de bière ! Aujourd'hui, — mai 1866, —
celui qui n'aura pas joué à la baisse sur les fonds italiens
n'aura aucun succès auprès de ses belles et chères con-
temporaines; ainsi donc, on doit avouer qu'un grand
progrès s'accomplit dans la morale ; car bien petit est le
nombre de ceux dont la bourse est assez remplie pour
avoir accès chez ces dames , devenues les reines de la
mode.
                                 VII.
   Pendant la mission, il se fit plusieurs processions
d'hommes et de femmes. Beaucoup de celles-ci, par
modestie, ne voulurent pas y paraître avec des paniers,
espèce de vertugadin (A) qui servait à enfler les robes,

  (1) Gros et large bourrelet que les dames portaient au-dessous de leur
corps de robe. (Le grand Vocabulaire français, 1773.) L'archevêque
d'Arles, Jacques de Forbin-Janson, dans un mandement du 5 septembre