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46               LA MAISON DE RETRAITES

    Pour ajouter à la solennité du jubilé, l'autorité ecclé-
siastique décida l'ouverture d'une mission, qui fut
annoncée par monseigneur de Rochebonne, archevêque
de Lyon, dans un mandement du 45 mai 1734. On y
remarque les paroles suivantes : « Souffrez, mes très-chers
 « frères, que nous le disions dans toute l'amertume de
 « notre cœur, que le désordre, le dérèglement, le liber-
 c tinage, ne sont que trop communs. Vous le savez et
  e
« nous n'avons besoin d'autres témoins que de vous-
 « mêmes. » Je ferai observer, en passant, que le bon
vieux temps, d'après le susdit mandement, ne valait pas
beaucoup plus que celui de notre époque de progrès, à
laquelle on pourrait également appliquer les mêmes
 reproches.
    Les Jésuites furent chargés de la prédication, et mon-
 seigneur l'archevêque appela de toutes parts les plus habi-
 les orateurs de la compagnie ; il fit lui-même les frais de
 cette mission, et donna une somme de six mille livres,
 pour payer le voyage de ces religieux. On pensait que
la dépense du Chapitre pouvait s'élever de huit à neuf
 mille livres. On désigna six églises pour les exer-
 cices : Sainte-Croix, Saint-Pau!, Saint-Nizier, Saint-
 Pierre-des-Terreaux, l'Hôpital et la Charité; mais la
 foule du peuple était si grande que l'on se trouva dans
 l'obligation d'étendre ce privilège à toutes les paroisses
de la ville. Dans quelques-unes on fit une mission par-
 ticulière pour les domestiques, laquais, cochers, cuisi-
 niers et porteurs de chaise. Les femmes n'y étaient pas
 admises.
    Naturellement, au milieu de ces circonstances, la
 maison de retraites joua un rôle important. Elle ne fut