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368                 LÉGENDES DE LA VILLE D ' A R S .

mollasse) s'opposât parfois à les recevoir, il ressort de l'ins-
pection de ces pilotis, qu'au moment de leur immersion
quelques habitants avaient dû les maintenir en place, tandis
que d'autres les assujétissaient au moyen de cailloux roulés
qu'ils allaient recueillir sur le rivage avec leurs pirogues et
qu'ils venaient ensuite verser autour des pilotis. Cet amas
de cailloux roulés, ainsi que je l'ai déjà dit, formait sur le
fond du lac comme un tumulus (steinberg des Allemands),
au-dessus duquel on établissait le village




   Or, dans le cas qui nous occupe, les pieux qui viennent
d'attirer notre attention sont tous inclinés (1), je devrais
dire couchés, sur le tumulus, et cela d'une manière si régu-
lière, que la cause de cette inclinaison saute aux yeux de
prime abord. Il est évident que le tumulus, subissant une
forte pression à un moment donné, sous l'effort de la tem-
pête, par exemple, ou peut-être même par l'effet d'un trem-
blement de terre, aura roulé en masse sur lui-même, se
sera en partie déplacé, et les pilotis, cédant au mouvement
du milieu qui les maintenait debout, auront été entraînés
dans la position oblique où nous les retrouvons. M. Rabut à
signalé (2) un fait analogue sur la station lacustre de Châtil-
lon, dans le lac du Bourget,. dont les piquets présentent une

   (1) Dans le dessin ci-dessus, j'ai rendu avec fidélité la position de ces
pilotis. Seulement la gravure laisse beaucoup à désirer, et je réclame l'in-
dulgence du lecteur en le priant d'excuser mon inexpérience dans l'art de
tailler le bois. Mêmes observations pour les dessins suivants.
  (â) Cong. scient, de France, Session de Chambéry, p. 487.