Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
346                            POÉSIE

            Elle y monte aussitôt sans peine,
      Et contemple de là quelque peu de la plaine ;
      Mais au bout de la plaine est un petit coteau
            Qui fermant l'étroite étendue
            A deux cents pas borne sa vue.
      Si je montais d'abord, dit-elle, à ce plateau !
            Comme il est plus haut d'un étage,
            Je pourrais en voir davantage
           Que je n'en vois de mon berceau.
      Petite violette, à force de courage,
      Bientôt du monticule a touché le niveau.
      L'horizon s'agrandit ; la plaine bigarrée
      Paraît toute de fleurs et d'arbres décorée.
      Mais plus loin que ces fleurs qu'elle voit sous ses pas,
           Voilà qu'un autre point se dresse,
      Et notre fleur soudain de son poste plus bas
           Lui compare la petitesse :
      Dans cet endroit vraiment je ne resterai point !
      Qu'est-ee que j'aperçois? presque rien à la ronde !
            Tandis que de cet autre point
      Je pourrais, ma foi, voir le monde !
      Toute entière au plaisir que l'orgueil lui promet,
      Ma violette part, comme une vagabonde,
           Pour atteindre l'autre sommet.
            On peu de fatigue commence
           Dans son essor laborieux ;
      Elle y parvient enfin i soudain un bois immense
           Paraît et s'étend sous ses yeux.
           Les arbres mêlent leur feuillage,
            Et par leurs rideaux entr'ouverts
      Glissent les rayons d'or parmi les rameaux verts.
      Violette jouit des fruits de son voyage ;
      Au sein de la forêt murmure un clair ruisseau
           Où se réfléchit la verdure ;
           Oh! que c'est charmant la nature !
           Je n'ai rien connu de si beau !

      Mais pendant qu'elle admire, interdite et joyeuse,
          Dans un étonnement profond,