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294 LES OUVRIERS TYPOGRAPHES DE LYON.
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dit dans la cour de l'hôtel pour en demander. Là il trouva
quinze ou seize individus, qu'on lui dit être imprimeurs,
« tous embastonnés d'épées, braquemars et autres bas-
tons (1). » Encore ému des propos attribués à l'abbé
des imprimeurs, Verdier demanda si ce dernier se
trouvait là . Aussitôt un de ces mauvais garçons, se déta-
chant de la troupe, se présenta comme étant Michel.
Verdier lui dit alors : « Vous avez dit et vous êtes vanté
que vous feriez épouser à mon compagnon Marguerite la
Picarde ou que vous la lui feriez manger. Ce n'est pas
bien dit à vous; car je vous fais assavoir que vous n'êtes
pas homme pour lui (2) ; pourquoi ne menacez personne.
Si vous êtes deux voulant soutenir cette querelle contre
lui et moi, venez-vous en demain où vous voudrez, et
vous nous trouverez . » Et comme quelques-uns des im-
primeurs portaient leurs armes nues, il ajouta : « qu'il
n'estoit pas heures de porter bastons de telle façon. »
A quoi ceux-ci répondirent en s'avançant contre lui, et
en criant : « Tue ! tue ! Verdier tira son épée pour se dé-
fendre. De son côté, Vial entendant levacarme, descendit
armé d'une rapière, pour soutenir son compagnon. Il ne
fut pas plutôt parvenu dans la cour, qu'il fut assailli par
un des imprimeurs, qui lui donna un coup d'épée sur la
tête, « et le navra à grant effusion de sang. » Il y eut
alors des coups donnés de part et d'autre, et en fin de
compte un des imprimeurs resta sur le carreau, du fait de
Vial, qui fut appréhendé et jeté en prison. C'est à la
suite de cette affaire que furent données les lettres de
rémission dont nous avons extrait ce qui précède,
(1) Il ne faut pas prendre ce mot dans son sens actuel : il s'appliquait
alors à toute sorte d'armes de mains.
(2) Que vous n'êtes pas de force, ou digne de vous mesurer avec lui.