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ON NE CROIT PLUS A RIEN. 2BR
Songez que leur mission n'est point ceile de la police ; on
ne peut pas leur demander de descendre à ce rôle dégra-
dant ; le leur se borne a porter l'espérance et la*consolation
dans les cœurs. Fénelon a raison, continua-t-il en s'ani-
mant davantage. Voyons, mon ami. il n'y a que trois jours
que Ravinel est parti ; on peut avoir encore de ses nouvel-
les; c'était m honnête homme, vous me l'avez dit:
Un seul jour ne fait pas, d'un mortel vertueux,
— Dit aussi Je poète — un véritable gueux.
11 n'a peut-être pas détourné le dépôt confié a son hon-
neur, il peut l'avoir encore, il peut l'avoir remis à quelqu'un
pour vous le rendre ; dans le désordre de sa fuite, il n'aura
pas eu le temps ou le moyen de vous donner des éclaircis-
sements ; tout finira par se découvrir, et, d'un instant a
l'autre , vous pouvez recevoir quelque bonne nouvelle. Al-
lons ! mon cher ami, du courage! de l'espoir ! J'en ai, moi,
je vous jure que j'en ai beaucoup...
Brave homme! qu'il commentait bien Fénelon !.,. Et l'on
ne croirait pas a ces choses-là , me disais-je, quand on a pu
croire aux somnamb...
Le fait est que je me reprenais a espérer ; j'avais l'esprit
plus calme, et surtout je songeais à Ravinel avec moins de
colère. Je me rappelais sa franchise, sa générosité pour la-
quelle je le grondais quelquefois, sa discrétion en maintes
circonstances de moi bien connues, sa probité à toute
épreuve, une foule de petites choses très-bien, car il avait
des qualités, ce Ravinel, des qualités solides ; trop d'imagi-
nation , trop de fougue, mais quel cœur ! Oh ! non, Ravinel
n'aura pas voulu me tromper si odieusement, et bientôt
peut-être...
Voilà ce que c'est que la douce influence d'un véritable
sage... Un bien digne homme, ce Fénelon !... et je relisais
sa réponse.