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144 LÉGENDES DE LA VILLE l)'.4RS.
ajoute,d'après un ondit,que Terric,chassant dans cette forêt,
avait vu fréquemment s'offrir à ses regards douze cerfs blancs
qu'il n'avait jamais pu atteindre; qu'Ã la fin, il avait compris
que ces cerfs, recherchant les ruisseaux limpides, étaient
évidemment des Chartreux qui se manifestaient a lui par
leur vertu , l'innocence de leurs mœurs, la couleur de
leurs vêtements et leur soif de Dieu, source intarissable de
tous les biens ; que ce miracle se renouvelant de plus en
plus fréquemment, il avait senti que c'était un avertissement
du ciel, et qu'il devait abandonner la destruction des hôtes
des bois, renoncer au monde, construire un temple magni-
fique dans la forêt et embrasser la règle de saint Bruno!....
1684. Trois ans après, Guy Allard (1), dans son Dictionnaire et
sous la rubrique ARS, se contente de copier Chorier, mais en
l'abrégeant considerablement.il rapporte, d'après la croyance
populaire, que les eaux du lac dePaladruont submergé Ars,
« jusque-là , dit-il, que le peuple s'est, souventfiguréd'avoir
vu des pointes de tours et de clochers, lorsque ses eaux
sont basses. » Il est vrai qu'au mot LACS, il semble regretter
sa réserve et devient plus affîrmatif. » Des restes de bâti-
ments et de masures qu'on y voit dans quelques endroits
ont fait dire qu'il y a eu autrefois une ville submergée. »
Guy Allard cite de fort anciens titres de la Chartreuse de
la Sylve-Bénite dans lesquels il aurait vu figurer cette phrase
devenue célèbre: Vrbs Arsa(uiljusto Dei judiciosubmergata.
Suivant moi, cette phrase à effet rappelle terriblement celle
du chanoine de Notre-Dame qui revint de l'autre monde
pour s'écrier : Justo Dei judicio condemnatus sum ! et je
crains bien qu'en cette occasion , notre légende ne se soit
enrichie aux dépens du maudit
(1) Diet. du Dauphiné. Edit. de M. Gariel ; Grenoble, Allier, 1864, 1.1,
p. 78, et t. H, p. 1.