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HISTOIRE LITTÉRAIRE DE LYON. 41
mal à propos que son Recueil de Prières, Preces ex
Bibliis descempto, avaient été son volume d'essai ; ce
recueil, petit in-12, porte la date de 1528; or, il est positif
que Gryphe avait déjà publié en 1520, dans la ville de
Lyon, un ouvrage intitulé : Romani Aquilœ de nominïbus
figurarum, grœcis et latinis, etc., etc. (1) Les éditions de
cet habile typographe se faisaient remarquer surtout par la
beauté des caractères et par une scrupuleuse exactitude ;
c'est le témoignage que lui ont rendu ses contemporains.
César Scaliger, dont tout le monde connaît la fierté, ne
crut pas s'abaisser en lui dédiant ses treize livres Des
causes de la langue latine. Il lui dit fort poliment
dans son épître, que « si son livre est bien reçu du public,
il n'en est pas moins redevable à la beauté de l'édition
qu'au mérite de l'ouvrage. » Il exalte ensuite la doctrine,
l'honneur et la piété même de Gryphius, qui en eut tou-
jours beaucoup, et il va enfin jusqu'Ã lui faire l'honneur de
mettre son livre sous sa protection (2). Gonrard Gesnerle
félicite de réunir en sa personne les quatre choses qui font
la gloire d'un imprimeur : le bon choix des livres, le grand
nombre des éditions, la beauté des caractères et l'exac-
titude : Innumeris optimis libris, optimâ fide, sumrnà -
que diligentiâ, elegantia procusis, maximam tibi glo-
riampeperisti. Enfin, Jean Voulténous dit, dans une épi-
gramme où il fait le parallèle des plus célèbres imprimeurs
qui étaient en France de son temps :
Inter tôt, norunt libros qui cudere, très sunt,
Insignes : ianguet cœlera turba famé
Castigat Stephanus (3) sculpsit Colinus (4), utrumque
Gryphius, edoctâ mente manuque facit.
(1) Voir la Biogr. lyonn.
(2) Colonia. Hist. lia., tom. II, p . 592.
(3) Robert Etienne.
(4) Simon de Colines.