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34 HISTOIRE LITTÉRAIRE BE LYON.
V
e ambassade , il se rendit en Espagne, et par le
de Madrid, il obtint la liberté de son roi. En
pense de ses services, François de Tournon reçut
l'archevêché de Bourges et le chapeau de cardinal.
Un moment suspendue, la guerre éclata de nouveau
entre la France et l'Allemagne. Les troupes impériales
envahirent la Provence ; François Ier envoya contre
elles le maréchal Anne de Montmorency; en même temps,
il chargea le nouvel archevêque de Bourges de veiller,
comme un autre lui-même, sur les opérations militaires.
Le succès fut complet, la Provence fut sauvée. Après la
mort de François Ier, il tomba en disgrâce à la cour de
France ; mais Henri II l'honora toujours de sa confiance
particulière, le promut même, en 1551 , à l'archevêché
de Lyon.
On a reproché à ce cardinal d'avoir poursuivi les Calvi-
nistes avec trop d'acharnement. Ce fut l'amour de sa
patrie qui l'entraîna dans ces déplorables excès : persuadé
que la diversité des croyances religieuses portait atteinte
à la tranquillité et à la paix du royaume, il voulait
anéantir la religion des prétendus réformés. Il faut néan-
moins lui rendre hommage pour les bienfaits qu'il répan-
dit en faveur des hommes de lettres ; il augmenta la > -
bibliothèque royale et fonda les collèges d'Auch et de
Tournon. Clément Marot, au retour de son exil, lui
adressa, dans la ville de Lyon, cet aimable remercîment :
Adieu, je rends de grâces un million,
Dont j'ai atteint le gracieux Lyon,
Où j'espérois à l'arriver transmettre,
Au roi François humble salut en métré.
Conchid étoit ; mais puisqu'il en est hors,
A qui le puis-je, où dois-je adresser, fors
A toi qui tiens, par prudence loyale,
Ici le lieu de sa haulteur royale.