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410 LES PLAINTES DE CHRISTOPHE COLOMB.
Et leurs vils courtisans insultaient l'indigence;
Ils riaient sans songer, ces hommes vains et fiers,
Que de simples pêcheurs la sublime éloquence
Au Christ a soumis l'univers.
Qu'en un humble foyer luit le feu qui s'allume
Avec le même éclat qu'un flambeau somptueux,
Et qu'inopinément parfois perçant la brume,
Se montre un astre radieux.
— Terreurs que l'inconnu dans les âmes suscite !
Après l'azur des mers, les ombres du néant ;
Après les flots mouvants que la tourmente agite
Les horreurs d'un gouffre béant!
Voilà ce que croit voir la frayeur puérile,
Les brouillards pour ses yeux sont de tristes bandeaux ;
Dieu pourtant étendit comme un chemin facile
La grande surface des eaux.
0 turbulente mer ! arrête ta furie
Au roc où ton écume expire avec fracas ! —
Mais quand le Verbe à l'homme accorda le génie,
Mit-il des bornes à ses pas?
Plus loin ! allez plus loin ! — L'aigle quitte son aire,
Au milieu des éclairs il traverse les cieux ;
Que lui font la tempête et l'éclat du tonnerre?
— Il poursuit son vol courageux.
Sans doute qu'en deux parts Dieu divisant la terre,
En réserve plaça, magnifique trésor,
L'une de ces deux parts pour qu'un jour la misère
A son tour y puisât de l'or !