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ÉLOGE DU DOCTEUR POINTE. 447
sa fortune, et des parents qui auraient pu l'aider dans
l'œuvre difficile d'élever son fils.
A cette époque, marchait en tête de la médecine
lyonnaise, un homme qui toujours l'honorera; Marc-
Antoine Petit, avait été l'élève particulier d'il. J. Pointe ;
chez cet homme d'élite, la science s'alliait aux senti-
ments les plus généreux ; aussi s'empressa-t-il de rendre
à la veuve et au fils de son ancien maître, tous les ser-
vices qu'ils pouvaient attendre de l'ami le plus dévoué.
Par ses soins, l'éducation littéraire de J.-P. Pointe, fut
confiée a un ex-oratorien, M. Gourju, qui réunissait,
chez lui, l'élite de la jeunesse contemporaine (1). Bien
que M. Gourju n'admît à ses leçons qu'un petit nombre
d'élèves, et que cet enseignement privé n'offrît ni
l'organisation, ni l'émulation des établissements uni-
versitaires de notre époque, Pointe contracta chez ce
maître des habitudes d'ordre et de travail qu'il conserva
toute sa vie.
Ces études littéraires durèrent jusqu'en 1805 ; alors
devinrent bien plus efficaces pour le jeune Pointe, les
soins dont l'entourait M.-A. Petit; car ce fut sous sa
direction immédiate qu'il commença ses études anato-
miques et chirurgicales.
L'illustre chirurgien lyonnais rêvait de hautes des-
tinées pour le fils de celui qui l'avait abrité sous son
toit! En 1807, il le fait partir pour Paris, et deux ans
après (1809) J.-P. Pointe, candidat du concours pour
l'internat, était nommé parmi les premiers ; lauréat de
l'Administration des hôpitaux et de l'Ecole pratique,
prosecteur particulier du professeur Roux, qui com-
(1) Il y avait alors chez M. Gourju : Périsse aîné qui continua si
dignement les traditions des anciens imprimeurs lyonnais, M. Léon
de Lonchamp, plus tard conseiller à la cour, MM. Millon, Victor
Arnaud, de Bénevent, Clément Reyre enfin, qui a consacré la plus
belle et la plus active partie de son existence à l'Administration de
notre cité.