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38G NOTICE SUR -M. D'AIGUEPERSE.
montra sans réplique qu'ils étaient ceux là même où une
tradition continue, quoique vague, plaçait Gergovia.
En 1845, M. d'Aigueperse entreprit le voyage d'Italie. Il
visita sucessivement Naples, Rome et Florence. Son projet
était d'écrire un Voyage d'Italie. 11 se mit k l'œuvre au retour,
et fit assez rapidement six chapitres qu'il lut a la Société
littéraire, aux applaudissements de ses collègues. Mais lors-
qu'il s'agit de livrer ces chapitres à l'impression, l'auteur
ressentit tout à coup un vif mécontentement de son travail,
et les instances les plus pressantes de ses amis ne purent
jamais le décider a donner son récit au public. On avait,
disait-il, tant écrit sur l'Italie, qu'il craignait fort que ses
quelques pages ne fussent une banale et fastidieuse répétition
de ce qu'avaient dit d'autres voyageurs. Puis, son œuvre lui
semblait incomplète ; car, si le point de vue archéologique y
était mis en lumière, le côté artistique y était laissé dans
l'ombre. Il y voyait même d'autres lacunes, et voulait retour-
ner sur les lieux, afin de les explorer plus attentivement.
M. d'Aigueperse revit en effet l'Italie en 1853, mais sa santé
ne lui permit pas de dépasser Rome. Il ne put ajouter qu'un
petit nombre de nouveaux renseignements à ceux qu'il avait
déjà recueillis, et, à son retour en France , il se réduisit k
faire paraître un tableau de Rome en 1853, avec un mémoire
sur les Manuscrits d'Italie. Ces deux charmants opuscules,
pleins d'observations neuves et d'apréciations fines, font
vivement regretter que l'auteur ait retenu dans l'obscurité
les autres parties de son travail.
Après avoir visité la patrie de la gloire et des arts, M. d'Ai-
gueperse voulut voir la terre de l'industrie, et fit le voyage
d'Angleterre en 1850. Dans cette excursion qui dura peu,
il ne s'avança pas au-delk de Londres et de ses environs,
et n'en rapporta point cet enthousiasme qu'il avait ressenti
k la vue de l'antique siège de la puissance romaine. Les sou-