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ANCIEN DAUPHINÉ. 333
les familles, jalouses de se recommander par une antique ori-
gine. Pendant longtemps les altérations de la vérité sur les
litres nobiliaires, n'eurent guère que la jalousie pour con-
trôle et alors qu'elles nous paraissent aujourd'hui parfaite-
ment ridicules, elles n'étaient, en définitive, qu'une fraude
pieuse qui, sans préjudice pour personne , ravivait chez les
hommes l'amour du foyer paternel.
DURIVAIL.
Vers 1535, Durivail, le premier entre tous, prononce le
nom de Cularo. Ce mot, avant lui complètement inconnu,
ne se rencontre nulle part, et l'on se demande vainement où
il l'a pris ?
S'il cite les inscriptions des deux plus anciennes portes de
Grenoble, il constate lui-môme qu'il n'a pu les lire. Les
caractères, dit-il, en sont effacés, lilteris corrosis.
M. Macé, dans sa traduction de cet historien (p. 51) subs-
titue, il est vrai, au mol effacé, le mot usé. On ne saurait
dire si celte expression a bien rendu la pensée de M. Macé,
mais à coup sûr elle ne dit pas le sens des mots lilteris cor-
rosis. Les inscriptions d'une porte a l'entrée d'une ville peu-
vent s'effacer et ne sauraient s'user. Le mot corrosis participe
du verbe corrodo, dont nous avons fait corroder, disait ron-
gées pour Durivail et tous les dictionnaires. — Les caractères
de l'inscription étaient effacés par le temps, c'est-à -dire,
illisibles.
M. Macé dit un peu plus loin (même page), que Dioclétien
et Maximien construisirent des édifices dans l'intérieur de la
ville, comme nous l'attestent ces inscriptions. Mais il y a ici
une méprise. Pour Durivail, le fait résultait, non de ces ins-
criptions sur les portes qu'on ne pouvait lire, mais d'ins-
criptions de même nature hujusce modi.
Ce n'est pas mieux dans les lettres de Plancus à Cicéron,