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214 PATOIS DU LYONNAIS.
Ce qui a été dit de plus sage et de plus précis sur ce
point se lit dans le Dictionnaire languedocien publié au siè-
cle dernier par l'abbé Des Sauvages (1). 11 faut transcrire
ici ce passage trop peu remarqué, résumé lucide des obser-
vations les plus fines et les mieux dirigées qui aient été
faites sur les patois de la France.
« On peut rapporter tous les idiomes des différentes pro-
« vinces du royaume, le basque et le bas-breton exceptés,
« a deux langues principales, le françois et le gascon (2),
« qui sont également langues vulgaires et langues du peu-
« pie, l'une dans les provinces du nord, l'autre dans les
« provinces méridionales.
« Les différents idiomes gascons , on peut en dire autant
« des patois ou idiomes françois, ont chacun entre eux non
« seulement un même fond, et pour ainsi dire une même
« consanguinité de langage, mais un accent et un ton de
« prononciation qui font d'abord reconnaître ce qu'on ap-
« pelle un Gascon de quelque province qu'il soit en deçÃ
« de la Loire, et le distinguer de ce que nous appelons un
« franchiman, ou un habitant des provinces françoises qui
« sont au-delà .
« 11 est aisé d'assigner a peu près les limites des deux
« pays : ils aboutissent à une espèce de zone ou bande
« qui se dirige de l'est a l'ouest de la France, et qui passe
« par le Dauphiné, le Lyonnois, l'Auvergne, le Limousin,
« le Périgord et la Saintonge.
« C'est a cette bande limitrophe ou frontière pour ainsi
« dire du gascon et du françois que ces deux langues vien-
« nent se confondre ; et il résulte de leur mélange dans le
(1) Dictionnaire languedocien français, édit de 1775, t, 1, vo fran-
chiman.
(2) C'est sous cette dénomination que l'auteur désigne tous les dialectes
de la langue d'oc.