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                           PATOIS DU LYONNAIS.                        2i3

à se rapprocher d'un type plus général que celui de la pro-
vince. Plus anciens que les patois, ils nous en disent souvent
moins sur nos antiquités, car ils s'efforçaient de se déguiser
à la française ou à la provençale, tandis que leurs succes-
 seurs ont affecté de garder les allures du village.
   La nécessité comme la prudence limitent donc aux patois
proprement dits les recherches sur les idiomes d'une loca-
lité restreinte.
   Il est a peine besoin de dire, au commencement de cette
élude, que même en ce dernier état dans lequel nous nous
proposons de les examiner, les patois ont gardé assez de
caractères de leur vie antérieure pour qu'il soit possible de
les classer dans ces grandes divisions du langage de la
France que le moyen âge avait constatées.
   A laquelle de ces divisions appartiennent les dialectes de
Lyonnais Forez et Beaujolais? Faut-il les ranger dans les
variétés de la langue d'oc ou de la langue d'oil? dans la fa-
mille des idiomes du midi ou du nord? C'est la première
question qui se présente à nos recherches.
   Dans un excellent travail sur la Géographie de la langue
française publié vers 1831 (1), M. Coquebert-Montbret a posé
cette question, mais il a déclaré manquer de renseignements
suffisants pour la résoudre.
   M. Mignard, dans son Histoire de l'idiome bourguignon (2),
rattache le dialecte lyonnais a cet idiome auquel il semble
altribuer un caractère distinct et de la langue d'oc et de la
langue d'oil.
   M. de Baecker, Grammaire comparée des langues de la
France (3), range tous nos dialectes parmi ceux du midi.

  (1) Dans les Mémoires de la Société royale des antiquaires de France et
dans les Mélanges sur les langues, dialectes et patois. Paris, 1831, in-8.
  (2) Dijon, 185G, in-8.
  (3) Paris, 1860, in-8,