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190 ÉLOGE DE C. BONNEFOND.
pour faire valoir les objets qu'ils étaient destinés à entourer,
ciel ou intérieur, paysage ou teinte plate, c'est une qualité
qu'on est forcé de lui reconnaître.
Mais ce goût naturel, cet amour pour la couleur n'excluait
pas la recherche du dessin. Peu de ses ouvrages laissent voir
des négligences dans la forme, et encore sont-elles légères.
Ses compositions toujours, spirituelles et émouvantes sont
bien senties, ses expressions, simples, vraies, et prises sur
la nature,n'en sont que plus attrayantes. Si, dans son tableau
de la Chambre à louer, la jeune fille laisse quelque chose Ã
désirer et se pose d'une manière un peu théâtrale, combien
l'attitude des autres personnages est juste ce qu'il faut qu'elle
soit; l'abattement du vieillard, les supplications delà mère;
l'indignation du témoin de cette scène, et l'avide dureté du
propriétaire.
Que de grâces touchantes clans la jeune fille conduisant
l'aveugle, que d'énergie dans l'expression du soldat français
qui découvre des traces de sang sur la margelle du puits
où son camarade a été précipité ! Quelle noble résignation
dans le jeune officier grec mourant pour la délivrance de
son pays ; quel empressement dans tous les personnages de
son beau tableau delà Pèlerine secourue par des moines;
quelle douleur dans les traits de la mère qui voit mourir son
enfant ! Nous pourrions encore citer pour la convenance de
l'expression le tableau de la Pèlerine, au musée de Lyon, dire
combien la modestie du jeune capucin et rabattement de la
pèlerine sont bien rendus, comme le dessin en est fin, le
coloris chaud et harmonieux. Ce tableau attache ; on ne peut
se lasser de l'admirer.
Quelle splendeur et quelle richesse de coloris dans le ta-
bleau de Y Eau sainte, comme le pinceau de l'artiste a su
exprimer avec vérité la majesté de cette cérémonie reli-
gieuse. D'un côté la variété des costumes, la naïveté des at-