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ÉLOGE DE C. BONNEFOND. 185 science dans le dessin sont deux qualités des plus essen- tielles chez un graveur. Les élèves qui veulent s'adonner h cette branche de l'art ont besoin d'une éducation artistique des plus sérieuses et de fortes études. Ce n'est pas que nous voulions dire qu'il y a deux manières de bien dessiner ; non, tant s'en faut, mais nous reconnaissons que, dans la peinture, le charme de la couleur et une certaine habileté de pinceau font passer quelquefois sur des incorrections que rien ne peut dissimuler dans la gravure. Bonnefond le sentait, et quoique ce double enseignement pût établir une concurrence avec la classe qu'il dirigeait lui-même, il ne balança pas a l'établir dans l'intérêt des élèves. Les réformes que Bonnefond avait opérées et dont une partie avait été inspirée par Vibert, ne furent pas longtemps à porter leurs fruits. L'école de Lyon qui jusque-là n'avait ja- mais été représentée dans le concours du grand prix de Rome, ne tarda pas à y briller, et sa réputation a Paris date de cette intelligente réorganisation. Loin de nous la pensée de cri- tiquer les honorables professeurs qui lui donnèrent leurs soins avant cette époque. Nous conserverons toujours un profond respect pour ceux qui ont été nos maîtres ; mais, en historien impartial, nous sommes obligé de recon- naître un fait qui n'a pas besoin de commentaire. Les dix- sept lauréats couronnés par l'Institut pour le grand prix de Rome, prouvent plus que tout ce que nous pourrions ajouter (1). (1) Ce fut l'honorable M. H. Flandrin, de l'Institut, qui le premier de l'école de Lyon ouvrit cette brillante série. Il n'avait pas étudié sous Bonnefond, mais sous Révoil. Couronné à Lyon en 1827 pour lo premier prix de peinture, ce ne fut qu'en 1832 qu'il remporta le grand prix de Rome. Voici la liste des lauréats : 1832, M. Flandrin, premier prix de peinture; 1836, M. Bonnassieux, premier prix de sculpture; 1837, M. Cham- bard, premier prix de sculpture; 1840, M, Saint-Eve, premier prix de