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                   ANIMISME ET VITALISME.                 121

comme inclinant en faveur de cette unité, MM. de Rémusat,
Ravaillon et Franck. Nulle part, ajoute-t-il, M. Cousin ne
s'est prononcé ni dans un sens ni dans un autre.
   Or, M. de Rémusat a dit, a propos de la fameuse défini-
tion de saint Thomas d'Aquin : L'âme est la forme subs-
tantielle du corps : « Nous ne sommes pas grand admi-
rateur de cette définition, » et il conclut en ces termes
son article ESPRIT (du Dictionnaire des sciences philosophi-
ques) : « L'Esprit est une substance simple ayant conscience
d'elle-même. Ces derniers mots, dit M. Jaumes, sont la né-
gation formelle de l'animisme.
   Aucun texte de M. Ravaillon n'est cité. Quant a M. Franck :
« Je n'apprendrai rien au lecteur en disant que dans l'opi-
nion des philosophes l'âme est une force douée de sentiment,
d'intelligence et de liberté. » C'est ainsi qu'il s'exprime dans
l'article AME du Dictionnaire des sciences philosophiques.
Or, l'intelligence et la liberté n'appartiennent point au prin-
cipe vital. Et plus loin, dans l'article PSYCHOLOGIE : « La dis-
tinction de la physiologie et de la psychologie se montre
encore bien plus évidente lorsqu'on quitte le terrain des
faits pour remonter aux causes. Quelle est la cause des
fonctions de la vie ? D'où viennent aux diverses parties de
notre corps et la forme et les propriétés qui les distinguent?
Qu'est-ce qui donne aux poumons la force d'absorber l'air
nécessaire à la respiration et au renouvellement du sang ;
au foie celle de sécréter la bile ; a l'estomac celle de trans-
former les aliments dans la substance de notre organisation ;
aux nerfs celle de transmettre les sensations et les mouve-
ments? Nous l'ignorons et nous sommes condamnés a l'ignorer
toujours. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que la cause
de ces phénomènes existe ; qu'elle n'est pas nous, puisqu'elle
agit a notre insçu et souvent malgré nous ; qu'elle n'est pas
non plus notre corps ou la totalité des atomes dont il est