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« verainement doué d'intelligence, de sagesse, de puissance,
« de volonté. Unique, il était tout et tout était en lui. Quand
« et comme il l'a voulu, il a révélé au monde son verbe par
« qui, au temps fixé, il a formé l'universalité des choses.
« Ainsi donc, ce que Dieu veut, il le fait ; a l'instant où
« il conçoit, il achève; où il parle, il manifeste; où il forme,
« il accomplit; car, en tout ce qu'il crée, sa prévoyauce
« éclate, sa sagesse brille (1). »
Il est évident qu'Ausone avait sous les yeux, ou du moins
présent à la mémoire, ce magnifique passage de saint Hippo-
lyte , lorsqu'il composait ce début de la prière de son
Ephemeris :
Omnipolcns, solo mentis tnihi cognile cultU;
Ignorate malis, et nulli ignote piorum :
Principio, extremoque carens : anliquior œvo,
Quod fuit, aiit veniet: cujus formamque mociumque
Nec mens complccti poterit, nec liiigua profari.
Cernere quem solus, coramque audire jubentem
Fas habet, et palriam propter considère dexlram,
Ipse opifex rerum, rebus causa ipse creandis,
Ipse Dei Verbum, Verbum, Deus, auticipator
Mundi, quem faclurus erat : generatus in îllo
Tcmpore, quo terapus nundum fuil: editus anlc
Quam jubar, et rutilus cœlum illustraret Eous :
Quo sine nil actum, per quem facta omnia : cujus
in cœlo solium : cui subdita terra sedenti,
Et mare, et obscurs Chaos insuperabile noctis :
Irrequies, cuncta ipse moyens, vegetator inerlum.
L'imitation, dans quelques uns de ces hexamètres est si
flagrante qu'ils rencontrent parfois la même expression que
le traducteur latin beaucoup plus récent. Souchay (2) les
regarde, ce qui est vrai, comme une paraphrase du com-
mencement de l'Évangile de saint Jean ; mais il n'indique pas
les emprunts que le poète a pu faire à la paraphrase antérieure
de saint Hippolyte. Peut-être Souchay ne l'a-t-il pas connue.
(1) Cont, Noël, fragm. i.
(2) InKphem., édit. ad us, Delph.)