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ANNlBAL ET LE RHÔNE. 46*Ã
ici, comme en Egypte, à peu près égales eu longueur.
Si l'on tire maintenant deux lignes du confluent de l'Isère,
dont l'une irait rejoindre Ghana sous les dents du Mont-du-
Chat, et une autre sur les montagnes de Grenoble, on n'ob-
tiendrait qu'un tracé sans forme ne ressemblant pas au delta
d'Egypte, dont les lignes seraient inégales, l'angle trop aigu
et d'une trop petite dimension, qui laisserait le Rhône Ã
une trop grande distance et Vienne sans influence, puisque
le débat entre les deux frères aurait lieu dans l'île môme
ou le delta.
Aussi Tite-Live, venu 166 ans environ après Polybe, ne
trouvant plus la rivière Scoras, ni des Gaulois contemporains
capables de pouvoir lui éclaircir ce mystère, et voyant les
Allobroges occuper tout le pays entre le Rhône et l'Isère,
avoue-t-il qu'il ne comprend rien à cette marche. Aussi ne
parle-t-il de l'île qu'il ne savait où placer, que pour se
conformer à la tradition ; mais il s'est bien gardé de vouloir,
comme Polybe, y chercher un delta.
Que ceux auxquels ces commentaires ne conviendront pas
cherchent mieux dans l'inspection des lieux et les descriptions
de ces deux historiens célèbres ; ils trouveront peut-être ! Ils
ont pour retrouver celte route deux jalons sur lesquels ces
deux auteurs sont parfaitement d'accord; c'est le passage
de l'Ebre sur trois points avec cent deux mille hommes •, ils
seront bien malheureux s'ils ne trouvent pas un de ceux par
lequel aura passé une de ces trois colonnes. Le second jalon
est à Turin. De TEbre à Turin il, faut traverser la Gaul&;
Annibal y a semé soixante-seize mille hommes pour tracer
sa roule; le reste a été dévoré par l'Italie.
Victor ROUSSILLON,
Capitaine en retraite.
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