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BIOGRAPHIE DE LA MURE. 443
Il est probable que La Mure mourut à Montbrison, où il rési-
dait habituellement en sa qualité de chanoine de Notre-Dame.
En admettant cette hypothèse, il dut être enterre dans cette
église,comme tous les chanoines. Vainement nous avons recherché
l'obituaire spécial qui leur était réservé, ainsi qu'aux prêtres
prébendiers de la collégiale. Probablement il a été livré aux
flammes pendant la Révolution avec les précieuses archives de
Noire-Dame.
Quoi qu'il en soit, la mort de La Mure fut une véritable cala-
mité pour la province du Forez. Un fâcheux concours de circons-
tances paralysa constamment, après lui, la publication de son
Histoire des ducs de Bourbon et des comtes de Forez, Plusieurs ten-
tatives de la mettre au jour restèrent stériles. Le vif intérêt
qu'avait excité le commencement de son travail, la réputation que
La Mure s'était acquise stimulèrent d'abord le zèle de ses conci-
toyens; ses héritiers, puis un étranger, entreprirent de continuer
la publication, mais des circonstances inconnues s'y opposèrent.
Le projet fut abandonné et, au siècle suivant, personne ne savait
seulement que La Mure eût écrit une histoire des comtes de
Forez. Ce fut un malheur pour la gloire de l'auteur, et, en même
temps une perte pour les études historiques dans le Lyonnais.
Si La Mure se montre faible dans ses dissertations sur les monu-
ments de l'antiquité, et si certaines parties de son Histoire
du pays de Forez sont actuellement au-dessous des connaissances
les plus élémentaires, il n'en est pas de même pour l'Histoire
des ducs de Bourbon et des comtes de Forez ; là il se trouve sur
son terrain, il est maître de son sujet. C'est sur ces époques
qu'il a fait le plus de recherches et les plus nombreuses décou-
vertes. Les temps du moyen-âge lui sont familiers et cette œuvre
est bien tout entière de sa création. Les erreurs qui lui échappent
ne l'entraînent jamais trop loin et sont compensées parla solidité
de l'ensemble. De tous ses ouvrages, c'est incontestablement le
meilleur, celui qui lui a coûté le plus de travail et de soins. La
perte de ce manuscrit fut également fâcheuse pour l'histoire
de la province : après la mort de La Mure, les annales forésiennés
retombèrent dans l'obscurité d'où il les avait tirées à demi.