Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
204                  LA BATAILLE DE BR1GNAIS.

fouillis de lances, promenant autour de lui la mort et ne la
craignant pas; mais enfin brisé de fatigue et couvert de
blessures, il fut accablé par le nombre, renversé et fait prison-
nier. Jacquesde Bourbon paya comme lui de sa personne et se
comporta en vaillant chevalier ; un coup de lance le renversa
sanglant au milieu de la mêlée, et il fut emporté par ses
éeuyers loin du champ de bataille. Son fils, Pierre de la
Marche et ses deux neveux les jeunes comtes da Forez n'eu-
rent pas un meilleur sort; ils tombèrent tous les trois en
combattant auprès de lui, le premier grièvement blessé et
les deux autres étendus sans vie dans la plaine (1). Nombre
de gentilshommes périrent comme eux en essayant d'arrêter
les Routiers, et l'armée royale, privée de son général et de
ses chefs les plus braves, dut battre en retraite et abandonner
aux Grandes Compagnies le champ de bataille couvert de
morts et de blessés. Les Routiers ne les poursuivirent point :
ils avaienl été assez rudement éprouvés eux-mêmes, et se
contentèrent du riche butin que la victoire mettait entre
leurs mains. Ils avaient pris en effet, pendant l'action ou
sur le champ de bataille, Arnaud de Cervolles, le sire
Kégnault de Forez, le comte d'Uzès, le sire de Châlons
et plus de cent chevaliers. C'était là une proie assez belle,
et la rançon qui devait être tirée de ces nobles personnages
suffisait à des pillards moins avides de gloire que de richesses.
    Cette bataille de Brignais fut livrée le mercredi 6 avril,
de l'an 1362 (2).
   (1) La mort des deux neveux de Jacques de Bourbon fit tomber en
quenouille la race des anciens comtes de Forez, issue des comtes d'Albon
et des Dauphins de Viennois. Le frère aîné du vaincu de Brignais, Louis II,
duc de Bourbon, hérita de ce comté, du chef de sa femme Anne, fille
et héritière de Guichard, dauphin d'Auvergne, et de la sœur des jeunes
comtes de Forez tués à Brignais, demeurée par leur mort comtesse de
ce pays.
  (2) Froissard lui assigne une autre date, celle du vendredi après Pâques