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CHRONIQUE ARCHÉOLOGIQUE. 481
auxéchevins de Lyon par différentes personnes, entre autres par
le connétable de Richemont. Quoique plusieurs de ces lettres
soient de simples demandes d'argent, elles ont un intérêt histo-
rique réel et font connaître plusieurs détails intéressants d'une
époque sur laquelle les documents sont rares. Il y avait un
grand désordre dans la France entière pendant que les Anglais
régnaient à Paris, et ce désordre s'est fait sentir partout, mais
dans l'administration plus encore qu'ailleurs. La publication faite
par M. Gauthier, montre aussi que les archives du Rhône, assez
peu explorées jusqu'à ces dernières années, peuvent devenir,
entre les mains d'hommes actifs, aussi riches en découvertes que
beaucoup d'autres.
M. Guillard a soulevé au sein du Comité une question assuré-
ment fort importante et sur laquelle il a été fait un rapport Ã
l'Académie. 11 a exprimé le vœu de voir conserver ou rétablir le
nom des anciennes rues de Lyon qui rappellent quelque souvenir
local, et a demandé que l'Académie intervînt, au besoin, près
de l'Administration pour obtenir que les anciennes traditions, per-
pétuées par les noms propres, fussent respectées. Une seconde
proposition, étroitement liée à la précédente, consisterait à ga-
rantir ces noms contre l'oubli à venir au moyen de plaques qui
seraient posées à l'entrée des rues et qui expliqueraient le plus
brièvement possible la raison des dénominations et le genre de
services rendu par tel on tel personnage. Plusieurs projets d'ins-
cription ont été rédigés conformément à ce vœu, à titre de mo-
dèle ; le Comité a choisi dans ce but les noms de Gerson, de
Coustou, de Turquet, et celui de la rue des Tables Claudiennes,
qui devrait régulièrement s'appeler rue de la Table Claudienne.
Il nous paraît inutile d'insister sur l'intérêt d'un tel projet, qui
ne présente aucune difficulté sérieuse d'exécution, et sur son op-
portunité, à un moment où quelques noms de rues ont été sup-
primés avec les rues elles-mêmes ou transportés dans les nou-
veaux quartiers de la ville. La Commission municipale s'est
préoccupée de l'idée de M. Guillai-d; il ne resterait donc qu'Ã
étendre et à compléter son œuvre.
C. DARESTE DE LA CHAVANNE.
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