Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
                   LETTRE DE M. SYLVAIN BLOT.                    297
              Réservait en secret, dans l'ombre,
              Ses plus doux ramages pour eux,
              Et reine de la fraîche idylle,
              Reflétant le vallon tranquille,
              Les bois, les fleurs et les ruisseaux,
              Fut aussi l'ange des berceaux
              Comme Clotilde de Surville.

              Lorsque à Saint-Germam-l'Auxeirois
              Une silencieuse escorte
              Entourait la fauvette morte,
              Aux sanglots étouffant la voix
              De l'assistance agenouillée,
              C'est, hélas ! la première fois
              Qu'elle ne s'est pas réveillée !

    Béranger, auquel je fais allusion en parlant du rossignol, fut
 l'ami le plus affectueux de Mme Desbordes-Valmore, et elle
 s'est éteinte comme lui sans qu'i^y ait eu d'interruption dans
 ses travaux de cœur et d'esprit, quoiqu'elle fût alitée depuis
longtemps. Peu de jours avant sa mort,, elle dictait encore à son
fils les corrections à faire à des poésies nouvelles qu'elle était en
voie de publier, et ce fils, qui a été admirable pour elle, se
préoccupe, dès à présent, ainsi que son père, de l'édition dont
je viens de parler. L'un des plus notables écrivains de la France
s'est chargé lui-même de coordonner les œuvres complètes de
Mme Desbordes-Valmore.
    Mais toute la tendresse des siens sera nécessaire pour réunir
en une seule main les diamants de cette couronne brisée, attendu
que, depuis l'époque où elle publia l'histoire palpitante de ses
impressions déjeune fille, elle a constamment jeté au vent ses
écrits comme l'oiseau jette ses chants ; elle s'en est dépouillée
ainsi que de ses propres livres, avec la joie d'un enfant qui aban-
donne ses jouets pour que d'autres s'en récréent et en profitent
à leur tour.
    Lorsque ses premières idylles parurent, Mme Desbordes-Valmore
n'avait aucun précédent d'école. Ses vers étaient l'incarnation
d'une âme supérieure disant le rêve et les impressions de l'amour