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ODE A LA CORSE. 287
Questo inseguin da' pergami, irato Qu'ils enseignent cela dans les chaires
Minacciaudo ai feroci l'Eterno En menaçant les hommes féroces du
I pastori cui d'alme governo courroux de l'Éternel,
II Signor di clemenza fidô. Les pasteurs auxquels le Dieu de clé-
mence confia
Le gouvernement des âmes.
Io, de'vivi le collere, e l'ombre Moi, je peindrai les colères des
Degli uccisi placando col canto, vivants ;
11 terror de' colpevoli e il pianto De l'ombre des victimes apaisant la
Délie madri infelici diro. voix,
Je dirai la terreur des coupables
Et les plaintes des mères infortunées!
I connubii dal fcrro troncati, Les mariages tranchés par le fer,
Le fanciulle consunte nei duolo ; Les jeunes filles consumées dans le
E tu l'ali avvaîorami al volo ; deuil,
Tu il pensier benedici, o Signor ; Et toi, donnes dans son vol, de la
force à mon aile,
Toi, bénis ma pensée, ô Seigneur !
E il mio canto sia d'aura sospiro, Et que mon chant soit comme un
O rumordi tempesla e di vento, doux souffle qui soupire,
Che nei buoni coraggio, e sgomento Ou comme le bruit du vent et de la
Dei malvagi diffonda nei cor. tempête :
Qu'il raSSure les bons et consterne
Les méchants en se répandant dans
leur cœur.
Non m'é sprone terreno desiô : Aucun désir mondain ne m'excite :
Guiderdone dell' umil lavoro, En récompense de mon humble tra-
Io non chiedo corona d'alloro,. vail,
E non fama che vinca l'ctà . Je ne demande ni couronne ni laurier
Ni la renommée qui triomphe de
l'âge.
Il mio nome ricopra l'oblio ; L'oubli couvrira mon nom ;
Frutti l'opéra e viva. Fia santo, Que mon œuvre porte ses fruits,
Se una stilla di sangue soltanto qu'elle vive. Sainte sera ma voix,
Risparmiare, il mio canto, potrà . Si mon chant a pu épargner
Une seule goutte de sang !
,l h . MULTEDO. O. BOUSQUET.